A bord du Darjeeling Limited est le cinquième film de Wes Anderson après Bottle Rocket, Rushmore, La famille Tenenbaum et La vie aquatique. Réalisé en 2007, c'est le film de Wes Anderson portant le plus le thème du voyage. On pourrait même dire que ce film EST un voyage.
Le film raconte le périple en train de trois frères, Francis, Peter et Jack à travers l'Inde, un an après la mort de leur père, pour retrouver leur mère qui s'est retirée dans un couvent himalayen.
Les trois frères ne ne sont en fait pas vus depuis la mort de leur père, et ce voyage à la recherche de leur mère sera finalement l'occasion de renouer leurs liens, et de régler leurs comptes. Wes Anderson réussit à faire se mélanger deux univers bien distincts : la bulle bourgeoise des trois frères (Plutôt Braque ? Vasarely ?) et la réalité, édulcorée il est vrai, de l'Inde. En effet, nous ne verrons rien de la misère indienne, mais plutôt ses couleurs et sa joie de vivre.
Le train, avec ses jolies petites cabines symbolise l'univers des frères, constamment "contaminé" par l'univers extérieur, soumis aux aléas du voyage, aux différents arrêts plus loufoques les uns que les autres. C'est parfois à se demander quel univers contamine l'autre. Mais c'est finalement l'univers propre de Wes Anderson qui contamine les deux autres, donnant au film, une teinte surréaliste propre au réalisateur, jusque dans les cadrages, le montage et la photographie. Il y a un jeu permanent avec les couleurs, les sons et la musique qui transporte les personnages, comme les spectateurs, dans une sorte de monde parallèle.
Mais n'est-ce pas l'essence même du voyage ? Qu'on le veuille ou non lorsque l'on part en voyage, on amène avec nous notre univers, notre bulle que l'on rend plus ou moins perméable selon notre état d'esprit. Et c'est exactement ça dans A bord du Darjeeling Limited, deux univers se confrontent jusqu'à fusionner lorsque chacun trouve ce qu'il est venu chercher. Et la fusion est au final si parfaite que lorsque le film est terminé, on se rend compte que notre univers a lui aussi fusionné avec celui du film. Réussir à faire voyager le spectateur à ce point, c'est pour moi un tour de maître. Et je pense que ce film est simplement un chef d'oeuvre.
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Je serais curieux d'avoir votre avis : quel est votre film préféré ayant comme thème le voyage ? Quel film pour vous symbolise le mieux le voyage ? Laissez un commentaire !
Après avoir été abandonnée par son mari dans le désert de Mojave (dans le sud de la Californie), Jasmine, une allemande, n'a pas d'autre choix que de prendre la route à pieds, et se retrouve au Bagdad Café, petit motel / café miteux tenu par Brenda, une noire autoritaire, acariâtre et tapageuse qui vient elle de mettre son mari fainéant à la porte. Tout d'abord rejetée par Brenda, Jasmine va réussir à faire naître une amitié entre elles, grâce à sa simplicité et sa joie de vivre qu'elle finira par transmettre à toute la petite communauté.
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Pour être tout à fait honnête avec vous, j'ai décidé de regardé ce film plus parce qu'il se passe dans l'ouest américain que pour son synopsis. Mais en fait, l'action ne se déroule pas vraiment dans l'ouest, elle se déroule à Bagdad, minuscule ville artificielle composée uniquement du café et du motel. "Où est le centre ville de Bagdad ?" demandera Jasmine, "Bagdad c'est ici" lui répondra Brenda. Dailleurs, Bagdad existe vraiment en Californie du sud, mais c'est une ville fantôme. On a donc bien ici à faire à une sorte de monde parallèle, une micro-société totalement repliée sur elle même où vivent tous les parias de la société, ou du moins leurs clichés : une famille noire-américaine, une prostituée, quelques routards, un ancien peintre hollywoodien et un flic indien. Et comble de la misère, la machine à café est cassée, donc pas possible de servir du café au café...et pour couronner le tout, pas de licence pour l'alcool, donc pas d'alcool. Même les lieux sont dépourvus de leur essence même, et ne servent à rien.
Jasmine ne va donc pas être acceptée durant une bonne première moitié du film, considérée comme une étrangère, forcément nocive à ce petit monde. Mais ce dont Brenda ne se rend pas compte, c'est que la vie ne pourrait être pire que ce qu'elle est : aucun client dans le motel à part la "famille", on ne se parle que pour se crier dessus et il n'y a plus de café. Et c'est justement le termos de café de Jasmine, retrouvé sur la route par le mari de Brenda qui va symboliser l'intégration de l'allemande dans la communauté. Finalement c'est grâce à elle qu'il y a à nouveau du café, première étape de la reconstruction de Bagdad. Jasmine commence à se sentir bien, elle se sent libre pour la première fois, loin de l'autorité de son mari et totalement libérée de l'emprise des objets. En effet, elle a malencontreusement pris la valise de son mari au lieu de la sienne et se retrouve donc sans aucun objet personnel. Elle va donc pouvoir se concentrer sur l'humain. L'allemande endimanchée et sur-maquillée du début du film va progressivement retrouver visage humain. Elle qui n'a plus de contraintes va pouvoir donner de son temps à chaque membre de la communauté qui va petit à petit retrouver le goût du contact humain et de l'échange, et se rendre compte qu'il ne faut finalement pas grand chose pour que tout le monde retrouve le sourire, tout simplement s'intéresser aux autres. Le petit monde va recommencer à tourner, symbolisé par la scène durant laquelle Jasmine s'essaye au boomerang avec un backpacker de passage, le boomerang tournant parfaitement autour de la citerne d'eau et revenant à son point de départ, provoquant la joie de tous. Et lorsque Jasmine sera contraine de partir pour des raisons de visa, on verra le boomerang heurter le réservoir, symbole que le petit monde ne peut pas tourner sans Jasmine.
En plus de la dimension humaine, Jasmine, grâce à une boîte de magie se trouvant (par magie ?) dans la valise de son mari, va réussir à refaire fonctionner le café grâce à un numéro de magie auquel elle fera participer toute la famille et qui fera rayonner la joie de vivre sur toute la communauté qui semble s'agrandir jour après jour. Mais à cause de son visa, Jasmine doit partir, mais revient aussitôt habillée d'une robe blanche, symbole d'un nouveau départ pour elle et pour Bagdad tout entier.
Durant la dernière séquence du film, Jasmine est même demandée en mariage par Rudi Cox (interprété par Jack Palance) et sa réponse sera lourde de symbolisme : "Il faut que j'en parle à Brenda". Jasmine fait maintenant partie de la communauté.
Le message du film est simple et humaniste, et c'est certainement ce qui à fait son immense succès lors de sa sortie en 1987, il gagnera même le César du meilleur film étranger lors de la cérémonie de 1989. Il faut préciser que le film est allemand contrairement à ce que l'on pourrait immaginer, réalisé par Percy Aldon qui ne rencontrera pas d'autre succès international ensuite.
C'est vrai que l’esthétique du film à quelque peu mal vieillit à cause de l'utilisation quasi-ostentatoire de filtres plus jaunes les uns que les autres (Amélie Poulain c'est rien à côté !) et l'utilisation systématique de plans penchés pour signifier le malaise, mais c'était la mode au début des années 90, on lui pardonnera donc cet esthétisme douteux. On retiendra aussi évidemment la BO et en particulier Calling you interprété par Jevetta Steel (nominée aux oscars 1989 dans la catégorie meilleure chanson originale) qui habite véritablement le film de manière récurente et qui reste un bon moment dans la tête.
Si vous allez faire un tour sur la Route 66, vous pouvez aller boire un café au Bagdad Café, il se trouve à Newberry Springs au sud de la Californie, à quelques kilomètres à l'est de Barstow. Il ne reste que le café, le motel est lui désaffecté et les poteaux métalliques qui supportaient anciennement le auvent ont disparu...leur site internet : http://www.bagdadcafe.us/
Pour conclure, la bande annonce du film avec Calling you en fond, j'espère que ça vous donnera envie. Bon film !
Réalisé par Sean Penn en 2007, Into the Wild est l'adaptation d'un roman de Jon Krakauer racontant l'histoire vraie de Christopher McCandless, un jeune étudiant de 22 ans ayant été retrouvé mort en août 1992 sur la piste Stampede en Alaska à côté du parc national et réserve de Denali.
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Le quatrième long-métrage de Sean Penn est plus une réflexion sur la quête du bonheur qu'une simple invitation au voyage. En racontant l'histoire d'un étudiant qui décide de véritablement changer de vie en se coupant du monde et en vivant le plus simplement possible au plus près de la nature, Sean Penn pose la question du sens profond du bonheur et de sa complexité. En effet, Christopher décide de tout quitter pensant trouver le bonheur dans la solitude et l'indépendance (à la fois vis-à-vis de ses proches que de la société capitaliste elle même) en vivant au jour le jour et en s'affranchissant de toute contrainte de temps et d'argent, en allant là où le hasard le mène, avec comme but ultime d'aller se perdre dans les montages de l'Alaska. Mais avant d'atteindre sa destination finale, Christopher traversera de nombreux Etats tels que la Californie, l'Arizona, le Dakota, le Colorado (et même le Mexique) et fera dans chacun d'eux des rencontres humaines qui seront finalement le véritable intérêt de son aventure, même s'il ne s'en rend compte qu'à posteriori.
Tout en prenant grand soin de filmer des séquences grandioses de paysages tous plus beaux les uns que les autres, Sean Penn a construit son récit autour des rencontres humaines de Christopher, comme un présage de ce Christopher ne comprendra que trop tard. Car ce n'est qu'à la fin de son périple lorsqu'il se retrouve isolé en Alaska, face à lui même, qu'il se rendra compte que le bonheur, comme le voyage à mon sens, n'a de sens que s'il est partagé : "Happiness only real when shared". Malheureusement, il n'aura cette révélation que trop tard, après avoir ingéré par erreur des plantes toxiques, les ayant confondues avec d'autres comestibles.
Sean Penn nous livre ici un film aussi splendide que réfléchi qui ne peut laisser insensible aucun amateur de voyage et de découverte et qui nous pousse à nous questionner sur le sens que nous donnons au voyage, sans jamais apporter de jugement, chacun pouvant ainsi y puiser l'enseignement qu'il recherche. Un film à voir absolument et qui, je l'espère, apportera une lumière nouvelle à vos prochains voyages...
Je vous conseille également la BO du film écrite par Eddie Vedder (chanteur de Pearl Jam) et composée par Michael Brook, juste une merveille ayant gagné le Golden Globe de la meilleure chanson originale avec le titre Guaranteed.
Grand gagnant du festival de Cannes en 1990 (Palme d'or), Sailor & Lula est le cinquième long métrage de David Lynch, réalisé 9 ans avant Une Histoire Vraie et beaucoup plus représentatif que ce dernier de l'univers du réalisateur. Le film, comme souvent chez Lynch, est un voyage à plusieurs dimensions, entre rêve, fantasme et réalisme cru, et a toute sa place en tant que "Travel Movie". Véritable road trip dans sa construction, Sailor & Lula raconte l'histoire de Sailor Ripley et Lula Pace Fortune qui, pour pouvoir s'aimer d'un amour total et idyllique, doivent fuir la mère de Lula, Marietta qui n'est pas vraiment favorable à leur union.
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Traversant des paysages tous plus grandioses les uns que les autres et parcourant les routes infinies de l'ouest américain, Sailor et Lula feront des rencontres toutes plus sanglantes et tragiques les unes que les autres, l'horreur de la réalité tranchant pour le moins avec l'onirisme de leur relation, ou plutôt de l'interprétation qu'ils en ont, perdant peu à peu le sens de la réalité.
Nicolas Cage est véritablement bluffant dans ce rôle à contre pied de ce qu'il joue habituellement, et Laura Dern est habitée par cette "inquiétante étrangeté" qui confère aux films de Lynch leur atmosphère dérangeante.
Sailor & Lula est donc un film à voir absolument, une interprétation lynchienne du Road Movie, autant dérangeante que fascinante, mais absolument indispensable dans toute dvdthèque qui se respècte !
Aujourd'hui, j'ai choisi Une Histoire Vraie de mon réalisateur favori, David Lynch, réalisé en 1999 après Lost Highway et juste avant Mulholland Drive, une sorte de film tampon entre deux de ses films parmi les plus connus et appréciés. Et il est vrai que Une Histoire Vraie est moins connu du grand public et moins apprécié par les fans de Lynch car ce film est vraiment à part dans sa filmographie : un film à l'histoire simple, aux personnages simples, à la mise en scène épurée...bref, étonnant pour un film de Lynch !
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Le film est l'histoire d'Alvin Straight, 73 ans, à l'aube de sa vie, qui décide d'aller rendre visite à son frère habitant à 300 kilomètres de chez lui, et qui n'est pas très en forme lui non plus. Les deux hommes ne se sont pas vus depuis 10 ans suite à une probable dispute et il semblerait que Alvin vive mal la situation qu'il décide donc d'améliorer avant qu'il ne soit trop tard. Le problème, c'est qu'Alvin n'a pas de voiture. Qu'à cela ne tienne, il fera la route sur sa tondeuse qui ne roule pas à bien plus de 5 km/h.
David Lynch, tout en réalisant un vrai Road Movie, prend le genre à contre pied. En effet, là où le genre ne prend pas forcément le temps de littéralement prendre son temps du fait de l'urgence du voyage et de ce qu'il implique, Lynch décide de faire progresser son héros extrêmement lentement en nous forçant nous spectateurs à nous intéresser de très près aux paysages qu'il traverse et aux gens qu'il rencontre, finalement à très petite échelle (seulement deux états, là où le road movie classique nous aurait fait traverser le pays tout entier) et à faire d'événements à première vue banals, de vrais moments de vie et de partage.
La musique d'Angelo Badalamenti nous rappelle de temps en temps que l'on est bien dans un film de Lynch, et la mise en scène, aussi simple que poétique et prodigieuse nous prouve (si cela était encore nécessaire) que Lynch n'a pas forcément besoin d'une histoire tentaculaire pour exprimer son génie.
Il est clair qu'il ne faut pas s'attendre ici à rencontrer un nain dans une étrange pièce rouge ni à voir Alvin se parler à lui même au téléphone. Une Histoire Vraie est un film simple, vrai, touchant et envoutant, porté par Richard Farnsworth, (gravement malade durant le tournage d'un cancer des os et qui se suicida un an après) qui semble de manière troublante vraiment vivre l'histoire d'Alvin Straight comme si c'était la sienne.
Ci dessous, un montage des plus belles séquences du film :
Avant toute chose, je tiens à citer le site fluctuat.net qui propose une définition du voyage et du Road Movie qui me semble particulièrement juste et pertinente :
Le voyage est toujours une transition, d'où naissent des possibles insoupçonnés. Au cinéma, partir a souvent pris la forme du road movie, des traversées auscultant un espace et les trajectoires de ceux qui l’habitent. Voyager est à chaque fois l’occasion, pour celui qui donne le mouvement, de se définir ou redéfinir. En quittant quelque chose, quelqu’un, en partant à l’aventure, par nécessité ou sans raison, le monde s’ouvre, se déplie, il tend des miroirs ou invente de nouvelles perspectives, parfois les réduit. Dans bien des cas, peu importe le point de départ ou l’arrivée, ce qui compte c’est de se mouvoir, pour résoudre et comprendre, faire ou défaire, vivre des révélations.
J'ai décidé aujourd'hui de vous parler du film Point Limite Zéro (Vanishnig Point pour le titre original, très mal traduit pour changer...) réalisé par Richard C. Sarafian en 1971.
Vanishing point raconte l'ultime journée de Kowalski passée au volant d'une Dodge Challenger RT blanche qu'il doit convoyer de Denver à San Francisco (soit près de 2000 km) en seulement 15 heures. Le timing étant du coup particulièrement serré, notre héros se blinde de crack et explose toutes les limitations de vitesses. La Police ne mettra pas bien longtemps à le prendre en chasse et de démarrer une course poursuite inter-etats à travers l'ouest américain.
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Dans sa course, Kowalski sera aidé par un animateur radio qui fera de ce dernier un véritable héros médiatique, une star de la sous-culture et du contre-pouvoir, un symbole pour toute une génération qui n'a pas d'autres repères que les ruines des illusions des années 60.
En effet, il est intéressant de regarder Vanishing Point en comparaison avec Easy Rider. Dans le film de Hopper, nos héros avaient décidé de vivre leur liberté comme bon leur semblait, avec l'espoir qu'ils pourraient faire changer les mentalités. Ils finiront tués en pleine campagne, victimes de leurs illusions. Kowalski lui ne se fait pas d'illusions, il a bien conscience qu'il est impossible de faire changer les mentalités conservatrices américaines, et que tout espoir est vain. Il finira par se suicider, comme face au mur, incapable de vivre dans un monde aux moeurs si étroites, dans un pays refusant de faire évoluer ses mentalités. Mais il ne disparaitra pas avant d'avoir laissé une trace, avant d'être devenu une sorte de martyr.
Tout comme dans Easy Rider, les paysages de l'ouest américain sont très présents, quoique toutefois moins sublimés (l'espoir étant totalement absent, toute contemplation n'aurait peut-être pas été à sa place).
Pour l'anecdote, Tarantino fait référence à ce film dans Boulevard de la Mort, une Dodge Challenger étant utilisée dans la dernière course poursuite du film.
Et pour terminer de vous donner (ou pas !) envie de voir ce chef d'oeuvre, voici la bande annonce :
Aujourd'hui, j'ai décidé de créer une nouvelle rubrique sur ce blog, histoire de diversifier un peu le contenu tout en restant dans le thème : les Travel Movie. En gros, une rubrique pour parler des films ayant pour thème principal le voyage, des films qui permettent de s'évader.
Le road movie est bien évidemment le genre majeur qui va avec le voyage, et quel autre film que Easy Rider pour l'illustrer au mieux.
Réalisé en 1969 par Dennis Hopper (décédé le 10 mars 2010), Easy Rider symbolise la naissance du Nouvel Hollywood en rompant avec le système de production classique et en abordant des thèmes encore jamais vraiment traités de manière si frontale au cinéma : la drogue, la liberté, la jeunesse, l'Amérique profonde...inspiré par la nouvelle vague française, le Nouvel Hollywood donnera la première place au Réalisateur dans le processus de production, et non au producteur comme habituellement aux USA. Ceci aura des conséquences à la foi sur le fond que sur la forme des films réalisés, avec comme nouveauté primordiale, la liberté. Le film de Hopper obtiendra même la caméra d'or au festival de Cannes en 1969, récompensant le meilleur premier film.
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Easy Rider est donc un Road Movie racontant le périple de deux "bikers" origilaires de Los Angeles ayant décidé de rejoindre La Nouvelle-Orléans pour participer au carnaval, grâce à l'argent de la drogue qu'ils ont vendu. En route, Wyatt et Billy rencontreront aussi bien une communauté de hippies vivant en plein désert, que les habitants conservateurs des vieux états du Sud.
Sur la forme, Hopper prend toutes les libertés avec un montage haché, des ellipses, de longs passages musicaux proches du clip (utilisant des tubes rock de l'époque comme Born to be Wild de Steppenwolf ou encore The Weight de The Band) ou encore des séquences clairement expérimentales, sensées retranscrire les effets de la drogue.
Tout ce mélange fait de Easy Rider un film incroyablement novateur, autant sur la forme que sur le fond, toujours aussi efficace aujourd'hui. Et surtout, le film est un incroyable voyage dans les grands espaces de l'ouest américain filmés avec passion par Dennis Hopper qui en fait un personnage à part entière. Easy Rider est un film qu'il faut absolument avoir vu avant de se lancer dans un road trip dans l'ouest, un film qui se savoure encore plus au retour...ci-dessous, je vous propose de savourer une des plus belles séquences du film avec le fabuleux The Weight du groupe The Band en bande son :